Interview – Di-Meh est Focus

Skrt! Mag est allé à la rencontre de Di-Meh à Genève lors de la répétition de leur tournée Xtrm Tour commencé le 24 mai à l’Usine. Après avoir pu vérifier une fois de plus que leur musique donne le tournis sur scène, on a échangé quelques mots avec le jeune rappeur de 21 ans, pour parler de son dernier projet: Focus, 5ème au compteur déjà, mais premier payant. Toute cette musique, sortie généralement le 10 mai, pour la tradition, a vu la progression d’un talent suisse original qui aime le skate, les grillz et les gimmicks hérités du reggae. Retour avec lui sur ce projet, son parcours et ses références.

Skrt! Mag : Ton dernier projet s’appelle Focus. Qu’est-ce que ça veut dire pour toi? C’est un mode de vie?

Di-Meh : Ouais c’est un mode de vie, c’est un état d’esprit. Tout le monde a un rêve, il faut être focus sur le rêve qu’on a.

SM : Le focus, c’est la mise au point en photographie, est-ce que ça a un lien?

Di-Meh : Ouais un petit peu, à cause de Natas3000. Il m’a un peu inspiré avec ses appareils photo.

SM : Le projet s’appelle Focus, partie 1, ça veut dire qu’une suite est prévue?

Di-Meh : Ouais y aura la partie 2 bientôt.

SM : Tu considères ça comme un EP, un album ou une mixtape?

Di-Meh : C’est pas un album puisqu’il y a vraiment deux parties. Je dirais que c’est deux LP.

SM : Est-ce que tu pourrais me parler du collectif Superwak, de sa création et de son esprit?

Di-Meh : Superwak aussi c’est un état d’esprit, c’est oser plus, vaincre ses défauts, et, tu sais, s’en foutre du regard des gens. Du coup, rester nous-même. En fait on ment pas, on est nous-même. C’est ça Superwak.

SM : Et de quand date le collectif ?

Di-Meh : Je dirais qu’il a deux, trois ans.

SM : A ce que j’ai compris, c’est une nébuleuse assez large.

Di-Meh : Oui, il y a de tout, des DJs jusqu’au designer, tu vois, des rappeurs, des clippeurs…

SM : Vous êtes programmés avec Makala et Slimka au festival de Frauenfeld, qui est le plus grand festival hip hop en Europe, et qui est, pour moi en tout cas, un monument de cette culture en Suisse. Qu’est-ce que ça te fait d’être programmé là-bas ?

Di-Meh : Pour moi c’est un rêve de gosse, j’étais là-bas, j’avais genre 14 ans.

SM : Et par rapport à ton identité suisse, t’en es fier parce que c’est un événement suisse, aussi?

Di-Meh : Ouais c’est clair, ça fait plaisir de représenter Genève là-bas, et que pour une fois, le rap suisse ne soit pas négligé comme il a pu l’être auparavant. Y a un réel engouement, ça fait plaisir.

SM : Par rapport à cette identité, je me demandais si tu te sentais plus Suisse ou plus Genevois?

Di-Meh : (Il réfléchit) Suisse. Même si je suis pas Suisse, j’ai pas encore le passeport, mais je me sens Suisse, je suis né ici.

SM : Je crois savoir que tu es signé chez Colors Label, est-ce que tu pourrais expliquer ta collaboration avec eux ?

Di-Meh : En fait, il n’y a pas vraiment de signature, c’est simplement qu’on roule ensemble et qu’on a comme un pacte de confiance. Et si des majors nous approchent, on est ensemble.

SM : Malgré que tu revendiques ton identité suisse, tu es beaucoup connecté avec la France, est-ce que ça t’as permis d’évoluer ou de t’améliorer ?

Di-Meh : De ouf! J’ai fait plein d’aller-retour et plein de connexions. Ça passe par des 1995, des Panama Bende ou 75ème Session. Y a Doums, mon gars sûr, Népal. J’ai même connecté avec la Belgique : Caballero, Jeanjass, Roméo Elvis, Isha, tous ces gars-là sont très chauds aussi ! On est ensemble, t’as capté.

SM : Je voulais parler un peu de tes Gimmicks: « Wagwan », « Mami », « My Youtz ». Notre magazine s’appelle Skrt! Mag, est-ce que tu vas utiliser « Skrt » une fois ?

Di-Meh : (Il réfléchit) Je l’ai déjà utilisé!

SM : Comment ça te vient ces gimmicks?

Di-Meh : Naturellement, à l’instinct, frère! « Wagwan », ça veut dire, « ça dit quoi? », « My Youtz », c’est « mon petit », et « Mami », c’est « Mamacita ».

SM : Ça m’a fait rire parce que sur le clip de Focus, plein de gens ont pris, sérieusement ou pas, une des figurantes pour Lil Yachty, et ça a fini en top commentaire. Du coup je me demandais si, pour le style vestimentaire et pour la musique, tu t’inspirais des rappeurs américains ?

Di-Meh : C’est juste que ma pote avait des cheveux rouges comme lui! Non, les cain-ri, j’écoute beaucoup mais c’est pas vraiment eux qui m’inspirent. C’est plus les gars de mon crew qui m’inspirent, et les rappeurs old school.

SM : Est-ce qu’il y a un rappeur US que tu aimes particulièrement ces temps-ci?

Di-Meh : En fait je suis plutôt sur le dernier album de Gorillaz. C’est pas vraiment du rap, mais ils m’inspirent, eux.

SM : Et au niveau du style vestimentaire, tu t’intéresses à ce que peuvent porter les rappeurs américains?

Di-Meh : Non ceux de maintenant, je m’en bats les couilles. Les rappeurs old school, ça me fait kiffer leur sape. Mais sinon je m’en fous, j’ai pas envie qu’on me compare à un tel ou un tel.

SM : Pour parler des rappeurs old school, tu en cites plusieurs dans Focus, c’est de eux que tu te sens l’héritier quand tu dis « jeune héritier » dans le premier titre du projet ?

Di-Meh : Oui, complétement. C’est la relève un peu…

SM : Si tu pouvais choisir un artiste old school, qui rapperait comme à l’époque, pour faire un featuring. Qui tu choisirais?

Di-Meh : Bonne question. (Il réfléchit) Je dirais LIM, à l’époque de Mo’vez Lang. Pas à une autre époque, hein!

SM : Il y a aussi une influence Reggae dans ta musique. Tu cites aussi Shabba Ranks, artiste de Dancehall Jamaïcain, tu écoutes beaucoup ce genre de musique ?

Di-Meh : Ouais, de ouf! En soirée, j’aime bien, et les flows qu’ils prennent, je trouve que ça tue! Je m’inspire grave du reggae et de rai. La musique du monde, j’adore, en fait.

SM : Est-ce qu’il y a des artistes reggae actuels qui te parlent beaucoup, ou tu as des références plutôt old school?

Di-Meh : Non, moi c’est plutôt à l’ancienne, genre Collie Buddz ou Shabba Ranks, justement.

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SM : Au niveau des thématiques, dans tes textes, il y a des questionnements sérieux, sur l’avenir en tant qu’artiste, avec la question de l’argent qui est assez présente. C’est des choses qui te préoccupent, ça?

Di-Meh : Oui, j’y pense. On ne sait pas si ça va durer, tout ça. Tout est éphémère, il faut construire des bases solides. Dans le projet, il y a beaucoup de ressentis par rapport aux meufs, à l’argent, au manque d’argent et à ma famille aussi.

SM : Tu parles aussi un peu de succès dans le projet, est-ce que ça change ton mode de vie d’être reconnu sur la scène suisse et à l’étranger aussi?

Di-Meh : Ouais, je vis mieux quand même! Avant je galérais pour aller rapper sur scène alors que c’est quelque chose que je kiffe trop. C’était dur, des fois pendant six mois je rappais pas. Moi, il me faut une scène au moins toutes les deux semaines, sinon je déprime presque! Ça et le studio… Si on me les enlève, je suis mort! Les voyages aussi je kiffe beaucoup.

SM : Tu étais à Berlin récemment justement pour rapper. Ça s’est bien passé ?

Di-Meh : Oui c’était très bien. On a pu faire un petit concert. Il y a eu un bon retour et on attend le freestyle qui va sortir chez Colors Berlin.

SM : Merci pour ton temps, on te souhaite le meilleur pour la suite!

Focus est, entre autres, en écoute sur Spotify:

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