Meek Mill n’est plus un looser

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Raillé et annoncé comme perdant lors de son clash avec Drake en 2015, Meek Mill était destiné à passer aux oubliettes comme ce fut le cas de Ja Rule il y a une dizaine d’années lorsqu’il s’était fait remettre en place par 50 Cent lors d’un échange de « diss songs ». Cependant, Meek a su reprendre les commandes de sa carrière musicale pour revenir plus fort avec un rap plus conscient, plus réel et qui inspire et motive des dizaines de milliers de personnes qui peuvent s’identifier à lui. Revenu en 2016, avec le projet gratuit mais de très bonne qualité DC4, le rappeur de Philadelphie avait déjà conquis de nombreuses personnes avec cette galette surprenante, il fait encore mieux avec son album. 

Essuyant des victoires mais aussi des défaites depuis le début de sa carrière, Meek a décidé d’intituler son troisième projet officiel Wins & Losses afin d’en donner sa propre perspective. Cet album de 17 titres revient sur quatre thèmes principaux qui se relient tous à la vie du rappeur : la renaissance, son enfance dans les quartiers défavorisés (la trap), la lutte pour s’en sortir (le prix), et le retour chez soi. Quatre thèmes illustrés dans le tragique mini-film que le rappeur a réalisé pour promouvoir la sortie de son nouvel album.

Dans un récent interview donné à l’influent DJ Scream, le natif de la Pennsylvanie parle de l’album comme « un projet rap, et non pas de la trap, ni du mumble rap ». Un projet introspectif où le rappeur arrive au seuil de la maturité et dévoile aussi ses ressentis sur sa rupture récente avec la superstar Nicki Minaj, un sujet où les deux artistes étaient restés discrets jusque-là. Sur l’excellent Never Lose, Meek Milly ouvre son cœur, et explique avoir digéré cette période tout en restant aux aguets :

I seen my dawgs turned their backs, it was slow
I seen that bitch turn her back like a fraud
You turn your back, you can’t come back no more
Shown the real monster, just cuttin’ them off
Just when they thought, they was laughing at me
I was just sittin’ back laughin’ at y’all

Fidèle à la street et devenu un exemple de réussite pour les personnes qui luttent dans les banlieues défavorisées dans les quatre coins du monde, Meek Mill est devenu un maître en la matière lorsqu’il s’agit d’illustrer les souffrances endurées et peindre les faits tragiques qui se passent dans ces périphéries. Avec une voix moins stridente que ses débuts (l’époque de sa série de mixtapes Dreamchasers), il a su prendre du recul pour mieux revenir et poser un flow de plus en plus efficace et moins précipité. L’exemple parfait est Young Black America, un morceau aux influences soul où le rappeur réfléchit à ses propres expériences et conseille aux jeunes américains de choisir un mode de vie moins risqué et plus légal.

Les émotions sont régulièrement mise en avant sur cet album, comme sur le sinistre et tragique We Ball produit par Wheezy. Meek et Young Thug (qui réalise un couplet à couper le souffle!) y rendent hommage à leurs proches perdus. Mais aussi, sur These Scars qui aborde les cicatrices du passé et la manière de les cacher métaphoriquement en portant des joyaux. Le refrain est réalisé par le crooner Guordan Banks qui apporte une touche de fragilité et de sensualité sur le message que Meek Mill et Future.

And we buy Wraiths to hide behind these stars
And we rock all this ice just to hide these scars
If you never seen a dream fade away behind all these bars
And only god can touch your soul behind all these bars

Moins éclectique et plus sobre que son précédent (Dreams Worth More Than Money), Wins & Losses est bien parti pour être l’album le plus sérieux et le plus complet de Meek Mill. Surprenant de maturité, le rappeur réussit ici ce qu’il n’avait pas accompli auparavant, c’est-à-dire réunir efficacité et homogénéité dans un seul projet sans produire des pistes sans âme stéréotypées et calibrées pour les clubs. Seul hic, le projet aurait pu clairement s’arrêter à une douzaine de morceaux. Des morceaux comme We Ball ou Made It From Nothing ressemble un peu trop à Hi Roller de Lil Uzi Vert et Power Of Money de Yo Gotti respectivement. De plus, ce sont les mêmes producteurs qui ont réalisé les productions en question.

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