Mecca and the Soul Brother, un instant classique

A l’occasion de leur passage au Rocking Chair de Vevey ce soir, Skrt! Mag vous propose un petit détour sur le projet anthologique de Pete Rock & C.L. Smooth : leur album Mecca and the Soul Brother sorti il y a 25 ans déjà. Considéré comme un classique du rap, l’album explore une variété de thèmes dont quelques-uns sont toujours d’actualité après presque trois décennies. Sorti lorsque les deux artistes étaient au summum de leurs pouvoirs créatifs et artistiques, Mecca and the Soul Brother se range incontestablement parmi ces projets qui ont traversé les années sans avoir pris une seule ride, un excellent millésime.

A travers des samples de plusieurs genres de musique utilisés par le producteur Pete Rock et l’agilité ou encore la technique au micro du poète C.L. Smooth, de nombreux sujets ont été abordés dans cet album. Voici donc cinq raisons pour lesquelles vous devriez vous (re)plonger dans l’écoute de Mecca and the Soul Brother, une alchimie parfaite réalisée par un maître des mots et un génie derrière les manettes.

  1. Troy

Il s’agit incontestablement du morceau le plus connu du groupe avec cette mélodie accompagnée sans arrêt par un saxophone et d’autres instruments à vent tout au long du morceau. Mais T.R.O.Y va bien plus loin que ça, le titre du morceau est d’abord l’acronyme de They Reminisce Over You et C.L. Smooth relate son amour envers sa famille et sa mère. Cependant, même si le rappeur aborde aussi ses souvenirs d’enfance en grandissant dans les rues, le morceau est bien plus profond de ce qu’on ne le pense. Il s’agit principalement d’un hommage au regretté Troy Dixon, l’un des amis proches du groupe qui était parti trop tôt. Lors de l’enregistrement du morceau, Pete Rock a même confessé que toute l’équipe présente avait versé des larmes lors de l’écoute finale du titre.

  1. L’esprit du ghetto

Dans une ambiance claustrophobe avec cette production oppressante et anxieuse, CL Smooth applique l’art du storytelling sur Ghettos of the Mind. Racontant une journée lambda passée dans le ghetto où l’emcee creuse dans les aspects les plus sinistres. Conscient que tous les auditeurs n’ont pas traversé les mêmes galères que lui, ce morceau est une illustration quotidienne et tragique de ce qui se passe dans les périphéries des grandes villes.

So as we pray for all our souls to keep
Somebody’s on the project roof, ready to leap

  1. Beaucoup d’amour

Sur Lots Of Lovin’, CL fait étalage de tout son talent et sa classe à la plume. Véritable lettre d’amour qui porte louange à sa bien-aimée, le rappeur signe quelque chose de  totalement opposé à ce qui se fait majoritairement aujourd’hui: un rap souvent macho qui peut aller jusqu’à la misogynie. Pourtant, Lots Of Lovin’ est un titre qui soulève encore quelques questions, est-ce que l’artiste visait principalement une femme, sa relation amicale avec Pete Rock ou déclarait tout simplement sa flamme au rap ?

  1. Le principe du bootleg

Un bootlegger est un contrebandier qui est prêt à tout pour vendre un article illégalement. Ce sujet est repris dans Straighten It Out où le duo vise les personnes qui se font du profit sur le dos des artistes en vendant des cassettes enregistrées de basse qualité sans avoir aucune permission. Ce sujet est particulièrement intéressant car il relève déjà le problème existant des droits d’auteur dans les années nonante.

  1. La colère des minorités

Sur certains points, Anger In The Nation peut être comparable aux premiers projets de Public Enemy qui visent également l’égalité des droits ou encore la rébellion des minorités afro-américaines face au gouvernement américain. Le thème du racisme ainsi que la notion de black power sont également relevées et CL Smooth se permet également de réaliser de jolies tournures de phrases comme la métaphore du sel et du poivre :

Here’s the situation from a darker view
Night and day, salt and pepper in the earthly stew
But the salt think it taste better, straight up superior
Therefore, the flavor of the pepper’s inferior

Il y a toujours quelque chose de spécial qui ressort lorsqu’un rappeur et un producteur s’allient pour réaliser une galette musicale à leur sauce. Si l’alchimie entre les deux individus est efficace, le résultat peut s’avérer alléchant et de très bonne qualité, mais peut aussi marquer l’histoire d’une décennie ou d’un genre musical à tout jamais. Pour sa part, le rap a connu plusieurs collaborations inoubliables qui ont apporté des chefs d’œuvres au genre. A l’instar de Pete Rock & C.L. Smooth avec Mecca and the Soul Brother, d’autres duos font partie de ce club fermé comme Dr. Dre & Snoop Dogg (Doggystyle, 1993), DJ Premier & Guru (Hard To Earn, 1994) ou encore Madlib & MF Doom (Madvillainy, 2004) pour les plus récents.

Si tu étais encore trop jeune et que tu souhaites replonger dans cette ambiance unique et mythique du rap new-yorkais des nineties, le RKC t’offre une opportunité unique d’un soir afin d’assister au live de Pete Rock & C.L. Smooth qui reproduiront des classiques issus de Mecca and the Soul Brother entre autres. Pour plus d’informations pour les billets clique-ici !

Pour finir, afin d’apprécier encore plus le travail faramineux de beatmaker qu’avait réalisé Pete Rock au studio, tu trouveras ci-dessous un excellent mix de la série Waxpoetics qui compile tous les titres de Mecca and the Soul Brother ainsi que les morceaux d’origine samplés pour la réalisation de ce projet.

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