Les meilleurs albums de la décennie 2000 (part.1)

Le rap francophone n’a jamais été aussi riche et varié qu’actuellement. Il en existe de tous les genres, à tel point que n’importe qui aujourd’hui peut trouver un artiste rap qui fait une musique qui lui plaît. C’est même la musique qui vend le plus en France de nos jours, la nouvelle pop après le rock et la variété. Avant cet âge d’or que nous vivons, cette musique en a vécu un autre dans le milieu des années 90. Puis, entre 2000 et 2010, cette musique a vécu un coup de mou d’après les médias spécialisés. A tel point que certains considéraient même que le mouvement allait s’arrêter. S’il est vrai que d’un point de vue productivité de bons sons et diversité musicale il y a matière à débat, tout n’est pas à jeter dans cette décennie de la sous-culture qu’est le d’après Zemmour. Nous allons ici classer 10 bons albums par année, sortis entre 2000 et 2010. Bien que j’aie essayé d’objectiviser au maximum le choix des albums via leur réception critique et leur succès commercial, une part de subjectivité ne pourra jamais être supprimée. Mais faisons-le tout de même.

Année 2000

 

10)       Touche d’espoir, Assassin

Assassin, formé en 1985 par Rockin’ Squatt, Solo, DJ Clyde et Doctor L, est un groupe de hip-hop français. Ils se sont fait connaître notamment pour le côté engagé de leurs textes. Avant de sortir l’album Touche d’espoir, le groupe a balancé 5 maxis, puis quelques années plus tard cet album a fait double disque d’or. Extrait illustratif :

9)         Poisson Rouge, Disiz

23 Octobre 2000 sort le premier album de Disiz la Peste, jeune du 91. Révélé par son maxi Bête de bombe et repéré par Joey Starr, il sort l’été 2000 le tube intemporel Je pète les plombs. Son album s’écoule a plus de 200’000 exemplaires. Même si on peut reprocher à Disiz d’avoir essayé de plaire un peu à tout le monde avec cet album, on ne peut lui enlever plusieurs morceaux de bonne qualité.

 

8)         Le Bilan, Neg’Marron

Peut-être plus reggae que rap pur et dur, Jacky et Ben-J balancent en 2000 un très bon album. Paroles plutôt positives – voire militantes – dans les textes et riddims one drop pour les instrumentales, le duo mélange très bien les influences rap et reggae et l’album est une très bonne réussite. L’album fait disque d’or en quelques semaines.  On vous laisse découvrir le morceau éponyme pour vous faire une idée si vous ne connaissiez pas !

7)         La rage de dire, Fabe 

L’opus le plus abouti d’un point de vue textuel pour l’ancien rappeur du 18e arrondissement, même si musicalement il est en dessous du très bon album précédent, Détournement de son. L’album porte très bien son nom et l’ancien membre de la Scred crache toutes ses tripes dans la dénonciation du système et de ses inégalités. Son 4e et dernier opus vaut le détour !

6)         Une couleur de plus au drapeau, KDD

Kartel Double Détente (ou Kappa Double Delta) est un groupe toulousain composé de Dadoo, Diesel, H2O, Lindsay et Robert. En 1998 ils sortaient un album – Résurrection – qui a bénéficié d’une bonne publicité et a été très bien accueilli. Ce second album, plus sombre, a forcément moins tourné en radio mais a mieux été accueilli par les amateurs de rap, sur le long terme, c’est celui qui a le plus marqué.

 

5)         Dans la ville, Beat de Boul

Beat de Boul c’est quoi ? Un collectif de Boulogne composé des Sage Po’, Nysay (EXS et Salif), Sir Doum’s et Movez Lang’ (LIM, Boulox, Pass Partoo et Cens Nino). Du (très) beau monde, plus que Lunatic et c’était la crème de la crème ! Donc, tout ça, ça donne quoi sur CD ? Le collectif avait, deux ans auparavant, sorti un très bon EP (Dans la sono) qui avait fait pas mal de bruit ! Cet EP-là est plutôt court vu le nombre de membres (9 titres, 40 minutes) mais dense en qualité rapologique ! Chacun des membres se fait plaisir et montre ce dont il est capable. A écouter impérativement pour les amateurs de bon rap à l’ancienne !

4)         Sexe Violence Rap et Flooze, Busta Flex

EP 10 titres de celui qu’on ne présentait plus, à cette époque, Flexta Beuh. Son album avait fait disque d’or (100 000 albums vendus à l’époque) deux ans plus tôt.  21 ans seulement, Busta est un pur talent au même titre que Booba ou Dany Dan. Rimes riches, flows tranchants et dynamiques qui peuvent rappeler son homonyme américain ou Redman dont il devait sans doute pas mal s’inspirer, le rappeur délivre ici 10 excellents titres. Accompagné par Dj Goldfingers et DJ James aux platines et produit par le légendaire Joey Starr, il était difficile de ne pas confirmer l’essai pour le emcee originaire du Val d’Oise.

3)         Mode de vie Béton style, Le Rat Luciano

Certains se font bouffer par le succès et l’argent, d’autres se remettent en question. Comme AKH quelques années plus tôt, les mauvaises langues de l’underground sont à l’affût pour critiquer les artistes qui réussissent commercialement. Et cet opus est la meilleure réponse qu’il eût été possible de renvoyer. Il y est décrit la simplicité et l’authenticité d’un mec qui sait d’où il vient et ne l’oublie pas malgré le succès. Les sonorités années 80 sont peut-être devenue difficile à apprécier pour la génération Y, mais les textes sont scintillants.  Cet album, c’est un peu les écrits d’un mec qui pointe la France du doigt, du shit sous l’ongle résume l’ABCDR du son. Et on n’aurait pas dit mieux.

J’écris la naissance et la mort de chaque sentiment. Recueille mes dernières confidences avant mon enterrement.

2)         Scred Selexion 99/2000, Scred Connexion

Faisant suite aux très bons albums solo Le Réveil de Koma, ou Détournement de son de Fabe, ce premier projet du groupe va marquer sa génération dans le monde du rap français, Scred Selexion est une mine à gros sons. Le groupe, encore fort de la présence du légendaire Fabe à cette époque, délivre 15 titres. Les 15 sont tous aussi bons les uns que les autres, 0 déchet. Aussi bons en groupe que sur leurs sons solos, les membres de la Scred, forts de leurs différences techniques et de leur convergence lyricale, dénoncent la vie de banlieusards et d’étrangers qu’ils vivent, mais d’une manière plus blues que dans la Rage de dire de Befa. Si tu ne l’as jamais écouté, tu sais ce qu’il te reste à faire !

 

1)         Mauvais Œil, Lunatic

Impossible d’être passé à côté de cet album dont on parle aujourd’hui encore. Booba et Ali ont fait ce qui n’avait jamais encore été fait dans le rap français, soit faire disque d’or en totale indépendance. Duo dichotomique mais magique, le yin et le yang n’a jamais aussi bien été représenté, au même titre que la rue à cette époque-là. De quoi inspirer aujourd’hui encore des artistes et leur montrer que même en totale indépendance rien n’est impossible. L’ambiance des bas-fonds de la banlieue n’a jamais aussi bien été rappée. Aujourd’hui les choses ont bien changé pour les deux artistes. Réécouter Mauvais œil rend nostalgique.. Mais bon.. Pas le temps pour les regrets !

 

Année 2001

 

10)       Contenu sous pression, Karlito

Karlito est membre du célèbre collectif, Mafia K’1fry. Dernier membre du collectif à s’essayer en solo, Contenu sous pression est un album très mystérieux. La pochette où on voit le emcee, capuché, en retrait, indique la logique avec laquelle il a pris cet album. Avec distance. En effet, il reste très mystérieux et ça intrigue. Au niveau technique, rien de fou à première vue ; rimes avec le même mot, flows nonchalants, peu voire pas de figure de styles.. et pourtant, après plusieurs écoutes, on comprend la finesse de sa plume et que tout ça a été travaillé dans un état d’esprit opaque et impersonnel.

Impossible n’est pas cité

9)         Elevacìon, Rocca

Rocca, c’est un membre de la Cliqua, collectif du légendaire 18e arrondissement parisien. Quatre ans après son album classique Entre deux mondes, l’essai est à moitié confirmé pour le rappeur d’origine colombienne. Pas que l’album soit mauvais, loin de là, mais la barre a sans doute été placé trop haute par le premier album. Quoi qu’il en soi, on te conseille fortement l’écoute de ce second opus du emcee à la sarbacane !

 

8)         Cinquième As, Mc Solaar

Après avoir connu un franc succès dans les années 1990 puis avoir été taxé de rappeur se la jouant intello voire chanteur populaire, Mc Solaar est revenu à du rap en 2001, tout en gardant son côté poète. Son album connaitra un franc succès dans les charts avec pas moins de 600 000 copies distribuées.

7)         L’amour est mort, Oxmo Puccino

Second opus du membre du collectif Time Bomb. Le premier, Opera Puccino est sans doute l’un des meilleurs albums de rap français, surtout du point de vue de l’écriture. Trois ans plus tard, L’amour est mort souffrira malheureusement de la comparaison avec son grand frère… Mais malgré quelques morceaux dont on pourrait se passer, l’ensemble reste de bonne qualité ! On y trouve même l’un des meilleurs morceaux de l’artiste :

6)         Art de Rue, Fonky Family 

La FF c’est Don Choa, Le Rat Luciano (que tu as rencontré plus haut), Sat, Menzo et leurs DJ’s (Pone, Fel et DJ Djel). Au même titre qu’IAM ou NTM, c’est un des groupes qui a le plus marqué le rap français à son époque et aujourd’hui encore. Leur premier album Si Dieu veut a été écoulé à plus de 400 000 copies, rien que ça. Ce nouvel opus se vendra encore plus (au moins 450 000 copies). Avec cet album, le groupe rend  à la rue ce qui lui revient de droit.

Ambiance scandale, danse de vandale… Sens d’où vient la chaleur

 

5)         Du rire aux larmes, Sniper

Groupe formé par Aketo, Tunisiano, Blacko et DJ Boudj. Chacun des emcee possède un style propre à lui-même et intéressant, notamment Blacko très bon en reggae. Leur premier opus se vend à plus de 200 000 exemplaires ce qui est remarquable. Les thèmes abordés sont variés mais certaines chansons dénoncent les politiques racistes de l’époque, à tel point que bon nombre de partisans d’extrême droite en France leurs intentent des procès et tentent de faire interdire leurs concerts. Mais plus que les polémiques, ce qu’il faut retenir de cet album c’est surtout la qualité sonore.

 

4)         45 Scientific, 45 Scientific

Croisement entre les collectifs Beat de Boul et Time Bomb, 45 scientific est composé de Booba, Ali, Hi-Fi, ILL, Sir Doum’s, Malekal Morte et LIM. Dans la lignée de Mauvais œil qui a été produit par les mêmes personnes, chacun des rappeurs posent un son excellent. Chaque morceau se vaut à tel point que le choix ci-dessous est purement subjectif.

 

3)         Tous ensemble, chacun pour soi, Salif

Ah Salif.. sans doute l’un des artistes que j’ai le plus écouté. Membre de Beat de Boul, et principalement de son groupe Nysay formé par lui et son compère Exs. Tous ensemble chacun pour soi est son premier album solo, s’en suivront [ATTENTION SPOILER] des très bons albums qui apparaitront sans doutes dans les prochains classements. Thèmes de rue, featurings avec des anciens, refrains à consonnances R’N’B,  « Tous ensemble..chacun pour soi » peut apparaître dans la forme comme un album banal de rap français, sauf quand on a la personnalité de Salif. Oui, les morceaux sans prise de tête ou de performances sont bons mais là où il prend son monde à contre-pied c’est dans le cynisme d’un jeune désabusé par la rue. Cette personnalité réapparaît dans ces prochains albums aussi et c’est sans doute – sans remettre en question ses qualités techniques – sa plus grande force. En attendant que tu te prennes ça dans la face, un peu d’égotrip et cassage de bouche pour amuse-gueule :

2)         Microphonorama, Triptik

Groupe de Nanterre composé par les emcee Dabaaz et Greg Frite (que tu as probablement connu grâce à Nekfeu) ainsi que du producteur Drixxxé. Si leur premier opus, assez inégal dans le contenu, avait laissé plutôt indifférent, celui-ci recevra un accueil public et critique très bon. La force principale de son album est sa richesse musicale, notamment dans les productions qui sont très éclectiques. Classique à l’appui ci-dessous.

1) Si c’était à refaire, Kery James

Kery James, même si le besoin de le présenter est moindre, c’est un membre de la Mafia K1 fry, et anciennement du groupe Ideal J avec qui il a sorti l’excellent Le combat continue dont tu as très certainement entendu au moins une fois dans ta vie le morceau Hardcore. Cette fois, Kery revient avec beaucoup plus de sérénité et de recul sur le monde et sur la vie. Cet album rassemble et inspire la paix. On pourra t’écrire de très longs pavés dessus, rien ne vaudra l’écoute elle-même du meilleur album de l’année 2001.

           

 

Année 2002

10)       Top départ, Rocé

Fils d’un père Argentin et d’une mère algérienne, Rocé débarque en France à l’âge de quatre ans et grandit dans le Val-de-Marne (94). Repéré par la Mafia K1’fry, notamment par Manu Key, il livre un EP avant de balancer son album Top Départ. Le disque est très agréable à écouter pour les amateurs de rap samplé classique, il est aussi recherché dans les textes. Et même s’il n’a rien de révolutionnaire on vous l’accorde, il a le mérite de posséder quelques pépites comme celle-ci :

 

9)         Quelque chose à survécu, Arsenik

Beaucoup moins bon que l’album précédent, à savoir Quelques gouttes suffisent, on vous l’accorde. Il n’empêche que ce second album de Lino et Calbo, le duo au croco, a su concocter quelques perles, notamment dans l’association du fond et de la forme, et ce, grâce à un Lino toujours en forme depuis 1998.

 

8)         Après l’orage, Sage poètes de la Rue

Troisième album du groupe anthologique de Paris. Charisme de Zoxea et Meelopheelo en featuring avec la technique et le style de Dany Dan reviennent balancer des gros sons. Et puis, oui, on comprend pourquoi la moitié des kickeurs de l’époque actuelle s’inspire de celui qui se proclame « Pop Dan, Jor Dan, Zi Dan ». Pas le meilleur son de l’album mais dans le top pour sûr, on vous laisse découvrir Thugs en featuring avec Kool Shen et Nysay

.

7)         Vapeurs toxiques, Don Choa

Après l’immense succès de la FF, Don Choa, membre le plus charismatique pour la plupart, débarque en solo. L’album du marseillais – qui fait référence à la catastrophe de l’usine AZF mais surtout au cannabis – est dans la continuité de ce qui a été fait avec la FF, c’est-à-dire du gros son.

 

6)         Black Album, Akhenaton

Nul besoin de présenter le membre le plus connu du groupe de rap français le plus connu. Après un second album Sol Invictus en demi-teinte, presque décevant, AKH se devait de revenir avec un meilleur disque. C’est chose faite. Introspection et beaux textes sont au rendez-vous sur une ambiance presque orientale. L’album est certes légèrement inégal dans la qualité des sons mais AKH signe tout de même certains de ses meilleurs morceaux sur ce projet comme celui-ci :

 

5)         Dans mon monde, Sat l’artificier

Encore un marseillais dans le top et encore une fois un membre de la Fonky Family. Toujours moins bon que le projet du Rat Luciano sorti une année plus tôt, il est tout de même super plaisant d’écouter Sat rien que pour ce qu’il dégage, fougue et hargne mixée à de la mélancolie. Si techniquement il est moins bon que son compère Don Choa, son univers est beaucoup plus attirant. Ambiance soul et funk, tantôt dans la mélancolie, tantôt festif, mais toujours très Hip-Hop, ce projet mérite une écoute complète et attentive !

 

           

4)         Du mal à s’confier, Scred Connexion

Premier album solo du groupe du 18e arrondissement parisien. Et si on se demandait à cet époque ce que vaudrait le groupe sans son leader Fabe, cet album est la meilleure des réponses possibles. Un album dans le panthéon du rap français. S’il ne sort pas des sentiers battus s’agissant des thèmes (la vie en banlieue, les inégalités sociales et j’en passe) c’est sans doute le groupe qui les aborde le mieux à son époque. Un album qui s’écoute facilement encore, 15 ans plus tard.

Bonus : Scred Selexion 2

Projet aussi sorti la même année, après l’album. S’il n’a rien de nouveau au niveau des thèmes, ce projet a l’avantage d’avoir quelques (très très) bons feats à l’instar du classique Vieux avant l’âge dont le couplet de Flynt est exceptionnel. Et nous saluerons tout de même la productivité de la Scred à cett époque !

 

3)         Artiste Triste, Sinik

 Un des premiers projets où l’on découvre S.I.N.I.K. alias Malsain l’Assassin. Connu dans l’underground des Ulysses pour ses clashs et ses punchlines affutées, il délivre cette année-là un très très bon premier EP, avant de prendre quelques années plus tard les rennes dans le milieu. Son sens de la punchline et ses introspections sombres sont déjà très présents dans ce premier EP 5 titres.

 

2)         L’ombre sur la mesure, La Rumeur

Groupe de rap des Yvelines, La Rumeur est composée quatre rappeurs (Ekoué, Hamé, Le Bavar, Mourad) et de deux DJ (Soul G et Kool M). S’il fallait présenter ce groupe en une image, ça serait un gros doigt d’honneur à l’industrie du disque et à la politique. Remise en cause intelligente et provocatrice du système, le groupe sera poursuivi en justice par le ministère de l’intérieur (alors dirigé par un certain Sarko) mais sera relaxé en 2004. Leur album, très sombre et lucide, est un véritable trésor. Mais bon, les membres eux-mêmes ne doivent pas s’en préoccuper puisque – comme ils nous l’explique –  le coffre-fort ne suivra pas le corbillard.

 

1)         Temps mort, Booba

Premier album solo de celui qui deviendra le DUC du rap français quelques années plus tard. Au début, un album de la moitié de Lunatic laissait perplexe tant la cohésion des deux emcee était forte. Mais les mauvaises langues ont dû bien se la mordre à l’écoute de cet album. Booba c’est définitivement Le bitume avec une plume en 2002 déjà. Sombre et sobre, encore bien loin des strass et paillettes, la plume aiguisée de Booba sur chaque titre est une claque. En solo et sans maison de disque, sa réussite future nous expliquera à quel point pour le rappeur de Boulogne c’est bandant d’être indépendant. Un album sans rature.

 

Année 2003

 

10)       Ma vie, Mc Jean Gab1

Gavroche de son époque, MC Jean Gab1 –  de son vrai nom Charles M’Bouss – criminel et bandit au sein de gangs avant d’être rappeur, purgera quelques années en prison. Celles-ci lui inspireront un album un peu sorti de nulle part dans lequel il nous surprend en bien. Et puis, il y a surtout cet énorme clash contre la quasi-totalité du rap français de l’époque dans le titre J’t’emmerde.

 

9)         Gravé dans la roche, Sniper

Un premier album réussi une année auparavant, la pression était sur le groupe sur ce second opus. L’essai est une réussite (du moins commercialement parlant) avec plusieurs sons bien formatés radio pour l’époque. Moins intéressant que Du rire aux larmes, ce deuxième album n’est pas un échec pour autant. Il sonne simplement plus grand public, choix artistique du groupe qui écoulera tout de même 600 000 copies et sera double disque de platine. Et puis, il y a cette combinaison incroyable là-dessous

 

8)         Le cercle de la haine, La Brigade 

Le collectif s’est fait connaître en 1998 grâce à son EP Noir et notamment le featuring avec Lunatic sur 16 rimes. Bien avant le cercle de Fianso, celui de la Brigade sorti en 2003 et B.O d’un DVD qu’ils ont sorti en 2005 est une superbe bande son. L’ambiance est sombre et mélancolique mais, au-delà des skits un peu répétitifs, le skeud vaut le détour!

           

7)         Menu Best Of, Doc Gyneco

Fort de son album Premiere Consultation – considéré comme Classique par grand nombre d’auditeurs – Le Doc est de retour en 2003 avec un menu Best Of dans lequel on retrouve bon nombre de ses morceaux les plus connus (comme Nirvana) et de très bons titres inédits. Avis aux amateurs du Doc, l’album vaut clairement le détour !

 

6)         France History X, Dadoo

Membre du groupe KDD avec qui il a sorti les deux bons albums « résurrection » et « une couleur de plus au drapeau » Dadoo se lance en solo à partir de 2001. Son album France History X  se classe très bien dans les charts françaises – porté par le single Sales Gosses.

 

5)         Starflam

Groupe belge originaire de Liège, Starflam s’est fait connaître dans le microcosme rap grâce à son premier album éponyme qui a fait disque d’or en Belgique. De retour avec « donne moi de l’amour » en 2003. L’album est riche et varié dans une ambiance plutôt sombre et avec pas mal d’utilisation de guitare. Un découverte intéressante si tu ne connais pas !

 

4)         Entends mes images, Kamnouze

Rappeur français faisant partie du collectif Factor X (Kamnouze, Ol’Kainry et Jango Jack).  Son premier album dans lequel on retrouve les membres de son collectif, Diam’s pré-dans-ma-bulle ou encore Jmi-Sissoko, est plutôt réussi. Ambiance tantôt mélancolique et désabusée, tantôt pleine de rage et d’espoir, Kamnouze livre un album certes un peu bipolaire mais il n’empêche que certains sons font très plaisir, notamment :

 

3)         Tr-303, Triptik

 Titre rendant hommage à la machine Tr-808 mais changé en Tr-303 pour les 3 membres du groupe ainsi que pour leur 3e album, Dabaaz Greg Frit’ et Drixxxé savent qu’ils seront attendu au tournant après le très réussi Microphonorama. L’ambiance de cette troisième galette est dans la continuité de la précédente – très jazzy. Si on peut lui reprocher une aversion à la prise de risque et à l’innovation, le groupe balance tout de même de très bons morceaux et l’album plaira aux amateurs de Microphonorama.

 

2)         Rien à perdre, rien à prouver, Hi-Fi

Le choix a été difficile entre le numéro 2 et le numéro 1 de ce classement. Mais avant d’en venir à cela, présentons Hi-fi. Membre du groupe qui avait le plus de style à l’époque, j’ai nommé les X-men, Hi-Fi s’est fait connaître avec son groupe notamment par l’album Jeunes coupables et libres ou encore sur le morceau Retour aux pyramides sur le B.O de  Ma 6t va cracker . Quelques années plus tard, Hi-Fi sort Rien à perdre, rien à prouver chez 45 Scientific. Les forces de cet album sont les flows d’Hi-Fi, impossible à copier pour la plupart, les textes d’une précision chirurgicale ainsi que la production qui n’est pas sans rappeler la sobriété d’un Mauvais œil mais dans un autre registre. Malgré ses très fortes qualités, on peut hélas reprocher deux petites choses à cet album. Primo, la baisse d’énergie de Hi-Fi qui semble avoir légèrement perdu la fougue du emcee qu’il était parmi les X et deuxièmement l’absence d’un titre qui serait hymne de l’album. Il n’empêche cependant que cet album est l’une des meilleures sorties de son année, et ce de très loin, tant l’album a été minutieusement travaillé !

 

1)         Tout est écrit, Kohndo

Avant le très bon morceau « faut que j’tienne » en featuring avec Nekfeu qui t’as peut-être aussi fait découvrir cet artiste, Kohndo était déjà bien connu du microcosme rapologique. Membre de La Cliqua, 3 albums tous plus bons les uns que les autres, KOH est un rappeur respecté dans l’underground. « Tout est écrit » est son second album. Ecriture riche, une voix qui inspire la tranquillité, des ambiances soul-jazz maitrisées, rien n’est à jeter dans cet album. Il te fait traverser toutes les émotions : de la passion au regard désabusé en passant par l’espoir ou la mélancolie, tout ça avec à chaque fois les mots justes. Enfin bon, nul besoin d’en dire plus, Kohndo a tout écrit.

Tristesse sourire et puis stress, amour et bruit de caisses. Paris c’est hot parfois la vie t’blesse. Car Paris hostile c’est ça ma ville, ma pile, mon île, le départ de mon exil

 

 

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