2017 en 20 projets rap francophones [1/2]

Pour le plaisir de vos oreilles, notre rédaction s’est attelée à faire une sélection des meilleurs projets francophones sortis cette année. On aurait pu distinguer les mixtapes des EP des albums, mais on a préféré tout mettre en tas car notre point de vue est que ces distinctions sont un peu dépassées et qu’elle n’influence en tout cas pas notre manière de kiffer la musique. En tout cas, on a beaucoup aimé les projets proposés, et on espère que vous les aimerez au moins autant. Sélection subjective évidemment.

20) Niro – OX7M8RE

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L’un des artistes les plus sous-côtés de cette décennie, Niro n’en est pas moins l’un des plus talentueux. Ce double album surprise en est la preuve. Là où tu as attendu que DamsoKendrick Lamar ou Booba sorte un second album surprise, le seul artiste à le faire cette année c’est bien N.I.R.O. Plus fou encore, le rappeur prétend avoir réalisé les 26 titres en deux semaines. Au final, deux albums de 13 titres, et une quasi totale réussite. Sombre et hardcore comme à son habitude la plupart du temps, le rappeur a cependant su varier dans les sonorités et ses essais sont tous transformés. On pense notamment aux excellents Sale morveux et Sors de ma tête. On peut aussi parler du très bon Ghettoyouth sur une superbe instrumentale à consonances reggae pour les morceaux spé de l’album. Pour les fanatiques du Niro ambiance de quartier, rassurez-vous, il y a de quoi vous faire plaisir entre les deux superbes introductions, l’excellent Abbé Pierre ou encore Omelette. Chapeau l’artiste.

19) Roméo Elvis X Le Motel – Morale 2

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Si le rap belge occupe le devant de la scène cette année, c’est aussi grâce à Roméo Elvis. Le rappeur de Bruxelles a montré dans son deuxième album toute la diversité de sa palette. Rapper, chanter, jouer de la guitare, le belge sait tout faire et le fait plutôt bien. Avec Le Motel, son producteur, il s’est forgé une identité musicale forte tout en gardant son côté loufoque et décalé déjà présent sur Morale 1. Par la musicalité de ses tracks, l’originalité de ses textes et la diversité de son album, Roméo Elvis réunit les ingrédients qui permettent de toucher le grand public.

18) Bavoog avers – Les Logorrhées

4dae4bf9d8233534486aeca3767320a7.1000x1000x1Les Bavoog avers font leur rap coloré dans l’ombre, cela depuis longtemps maintenant. Si tu as pu entendre parler de ces membres par l’Animalerie, leur délire est vraiment personnel et inimitable. Instrumentales très électroniques, rimes multi-syllabiques en cascade, et rimes sur la vie quotidienne, voilà les ingrédients fondamentaux de leur recette. Et pour ne rien perdre, on rajoute quelques références culinaires bien pensées. Au final, dix titres égrainés au long du printemps 2017 à la fois innocents et justes, parlant de sujets sérieux avec des rimes débiles, un bon mélange rafraichissant qui donne grave le sourire. Faut pas passer à côté. On avait chroniqué ça plus tôt dans l’année, ici.

17)  Ichon – Il suffit de le faire

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Ichon sortait cette année sa première mixtape après deux EP très prometteurs. Format abouti de la part de celui qui court après le Blue. Et cette belle mixtape, on te l’a carrément chroniquée juste ici.

16) Josman – 000$

3361d376ce8674e6192917b6f007e0d1.600x600x1Sans doute l’un des rappeurs les plus hype de ces deux dernières années, Josman avait livré un projet très prometteur en 2016 intitulé Matrix. En 2017, il confirme l’essai avec son troisième projet dont on te parle ici. Un jeune artiste qui maitrise aussi bien les codes actuels que ceux de l’ancienne école à laquelle on peut voir quelques dédicaces lorsqu’on lit entre ses lignes. Une écriture tantôt sincère lorsqu’il revient sur sa vie et ses ambitions, tantôt bourrée de punchlines simples mais efficaces. Josman est tantôt « à l’ancienne » quand il kick, tantôt dans la mouvance actuelle, quand il utilise des sonorités originales et qu’il fait des refrains entêtants. Au final, 000$ est un projet super intéressant, envoutant et super cohérent, au point qu’il est difficile de faire ressortir un morceau plus qu’un autre des 13 autres que contient la tape.

15) Sneazzy – Dieu Bénisse Supersound, saison 2

02737a97ddaa51b7ff7c2ad291276452.1000x1000x1Gros beats métalliques signés Hugz Hefner, phases tranchantes et egotrip décomplexé : le Sneazz continue de foncer sur la même voie depuis l’échec de Super, son premier album. DBSS saison 2 et 3 n’ont eu d’autre objectif que de briser des nuques cette année. Mission accomplie, avec mention spéciale pour la deuxième fournée. Un EP brut, sans concession, dans lequel le membre de 1995 se tient à une stratégie faite de flows hachés, d’autotune (parfois à outrance) et rimes sur des demoiselles peu respectables. Le tout arrosé de nombreux feats, dont notamment une collaboration avec le rappeur canadien: Derek Wise. Efficace, en attendant que le rappeur passe aux choses sérieuses, à savoir un album plus hétéroclite.

14)  Lomepal – Flip

FLIPLomepal a pris une nouvelle dimension cette année avec ce premier album qui a magnifié son personnage. Là où Lomepal était un rappeur blanc talentueux mais sans identité marquante, il a su rajouter un surplus d’âme et de hargne avec ce long format. C’est le genre de projet qui donne sens au mythe du « cap du premier album », Lomepal est devenu ce grand enfant attachant, ce gamin d’à peu près 25 ans accro à sa vie trash qui lui permet à la fois d’oublier et de répondre à ses questions existentielles. Accro aussi aux femmes, Lomepal raconte les relations comme personne, en témoigne l’incroyable Yeux disent dont le clip a pété les compteurs. Et oui, car Pal a aussi touché son public, en organisant une tournée où il partageait aussi son autre passion: le skate (qu’il avait tenu cachée jusque là), en rééditant FLIP, et en décrochant même le disque d’or. Consécration.

13)  Slimka – No Bad vol.1

17522693_1863332633921023_141844987338578327_nOn vous avait parlé de la street crédibilité incroyable de Slimka à la sortie de ce  premier volume de No Bad, (ici) qui est une vraie fierté du monde musical suisse. Tout le monde a déjà parlé du Superwak, mais on va continuer parce que c’est bien. Entre rap sérieux et trap, Slimka a trouvé l’entre-deux parfait basé avant tout sur une chose: l’énergie. Parfois méchant, parfois drôle, parfois séducteur, Slimka fait tout avec une immense énergie sur chaque tracks et c’est comme ça qu’il transmet quelque chose. On espère qu’il mature avec l’âge sans rien perdre de spontanéité, qui est aussi une de ses grandes forces.

12) Siboy – Spécial

858cb856f7a69de503dd064078bea87c.1000x1000x1Qui comprend vraiment Siboy? Impossible de savoir ce qu’il y a réellement sous la cagoule. Spécial et intriguant, mais tellement riche quand on prend le temps de s’y plonger. Siboy est capable de changer de voix en même temps que de flow plusieurs fois en un couplet, ses chansons partent dans tous les sens avec une énergie incroyable. On peut l’écouter comme un défouloir, mais on peut aussi y chercher de vraies questions. Comme quand les deux personnalités de Siboy se contredisent sur le titre Al Pacino. D’un côté fan inconditionnel de l’acteur, de l’autre, Siboy l’accuse de pousser les jeunes à aimer les armes, la guerre et les luttes de pouvoir. Question au final à laquelle il est impossible de répondre et qui touche le rap lui-même. Pas si premier degré que ça le trappeur zaïrois.

11)  Tengo John – N+UV

b88187e163fdbf94ef4e4258c5421d2f.960x960x1L’une des plus grosses découvertes de cette année c’est bien Tengo John. Si l’artiste est dans le bain depuis un petit moment en soum-soum, ça ne fait qu’une année qu’on entend parler de lui. Par le passé déjà, il a livré trois projets très aboutis, notamment Tortue de Jade. Puis, il s’est fait découvrir sur ses freestyles Trois Sabres qui lui ont valu des comparaisons (qui ne tiennent pas vraiment lorsqu’on écoute toute sa discographie) avec un certain Django. S’il est vrai que les raisons pour lesquelles le grand public le connaît sont principalement sa voix plutôt grave, ses flows rapides et fluides ou encore ses innombrables références manga, sachez que ces critères sont bien loin d’être les seules choses dont cet artiste et capable! Il a un tas de choses pour lui: une voix maitrisée qui lui permet de chanter, une culture très poussée avec une fascination pour l’Amérique et le Japon, une image super soignée, des morceaux aussi bons qu’éclectiques, (San) Go-ten est sans doute l’un des artistes à suivre ces prochaines années! Et cet EP N+UV en est une preuve inéluctable. Une parfaite collaboration avec le producteur Ocho (de chez Don Dada) qui a produit des instrumentales sombres sur lesquelles le jeune parisien exhibe (une seule de ses facettes seulement) sa noirceur la plus totale sur huit excellents morceaux.

Rendez-vous dans quelques jours pour la partie deux…

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