[Albums US’17] #5 Vince Staples – Big Fish Theory

2017 était une année remplie de surprises, de déceptions, ou à l’inverse, de très bons projets. Étant donné que nous arrivons gentiment à la fin de cette cuvée 2017, Skrt! Mag te propose un classement des meilleurs opus US sortis ces douze derniers mois. Un album sera donc dévoilé quotidiennement par ordre décroissant jusqu’au 2 janvier, jour où le meilleur album US 2017, selon Skrt! Mag, sera annoncé. Après Big K.R.I.T. et Tyler, The Creator sortis ces derniers jours, place désormais aux cinq meilleurs projets de l’année avec Vince Staples qui se classe cinquième !

Résultat de recherche d'images pour "vince staples  big fish theory"

Avec la sortie de l’excellent Summertime ’06 en 2015, premier album studio de Vince Staples, suivi par l’EP Prima Donna l’année passée, le jeune rappeur californien nous avait annoncé une légère transition d’ambiances et de mélodies entre les deux projets. En passant entre des beats moins organiques et plus industriels, Prima Donna était en fait le préquel de Big Fish Theory, le deuxième album officiel du gamin sorti en juin 2017. En effet, avec des instrumentales plus oppressantes et influencées par des productions électroniques, Big Fish Theory est une évolution musicale de l’artiste. Cette influence se ressent dès le lancement des premiers singles explosifs que sont BagBak et Big Fish, en feat avec Juicy J.

Ensuite, c’est lorsque l’on jette un coup d’œil aux crédits de l’album, que l’on s’aperçoit que Vince Staples n’a pas hésité à s’entourer de plusieurs artistes baignant dans le monde de l’EDM/électro. En effet, le duo de DJ Christian Rich, le jeune producteur Zack Sekoff, le duo GTA, le compositeur/DJ Jimmy Edgar ou encore Flume et SOPHIE sont tous des individus influents dans le monde de la musique électronique qui ont participé à la réalisation de Big Fish Theory. C’est avec une telle équipe, que le rappeur californien a réussi à sortir de sentiers battus du hip hop et pousser son incroyable créativité artistique dans un univers parallèle.

Le titre de l’album provient d’une hypothèse que le poisson grandit proportionnellement à la taille de son environnement. Ici, Staples fait jouer son humour et son ironie légendaire en expliquant qu’un gros poisson se retrouve piégé dans un environnement trop petit pour lui. Apparemment, cette situation pourrait être une métaphore d’un individu afro-américain au sein de son environnement (à savoir la société américaine) qui l’empêcherait de s’épanouir et d’épancher sa soif de connaissance.

Spend a lot of money on the CDG
Ain’t I lookin’ lovely on the TV screen?
Battle with the white man day by day
Feds takin’ pictures doin’ play by play
They don’t ever want to see the black man eat
Nails in the black man’s hands and feet
Put him on a cross so we put him on a chain
Lying to me, sayin’ he don’t look like me

Cette métaphore est illustrée dans plusieurs morceaux comme Crabs In A Bucket qui montre une partie de la communauté afro-américaine restée bloquée dans la pauvreté urbaine. Le tout est accompagné d’une production aux sonorités similaires à On Sight tiré de Yeezus, l’album expérimental de Kanye West sorti en 2013. Sur l’oppressant Yeah Right et ses basses saturées, Vince Staples et Kendrick Lamar questionnent également les sujets traités dans un morceau de rap lambda en évaluant la moralité et l’intelligence de la culture contemporaine qui reste fixée sur les drogues, l’argent et l’opulence. En lien avec ce dernier morceau, on retrouve l’ironie et le foutage de gueule permanent du rappeur sur l’excellent et apaisant 745 qui vient détruire (volontairement) toute la crédibilité de Yeah Right en illustrant, avec nihilisme, sa virée nocturne au bord d’une BMW luxueuse.

All my life man I want fast cars, NASCARs
All my life I want runway stars, Kate Moss
All my life I want waves at my front door
No green grass, no porch
I just want sea shores
All my life
All my life pretty women done told me lies

Dans un tout autre registre, la fin de l’album est d’une qualité débordante. On y retrouve l’enchaînement de Homage (une ode au Hold Me Back d’un certain Rick Ross), du « Basquiat-esque » SAMO pour enchaîner sur le vibrant et sensationnel Party People où le rappeur explique se tenir à l’écart des drogues. Dans un tout autre registre, l’album se conclut avec l’apocalyptique et ténébreux Rain Come DownTy Dolla $ign signe une belle prestation au refrain. La première collaboration entre les deux rappeurs est prometteuse et montre une belle cohésion californienne.

Comme avec No I.D. sur Summertime ’06, Zack Sekoff est le producteur exécutif de Big Fish Theory et apporte donc une excellente touche électro à l’album, sans qu’il ne devienne trop expérimental. Avec ce deuxième album, le rap et l’électro se marient à la perfection et Vince Staples est la cerise sur le gâteau en y ajoutant un contenu pertinent et des couplets toujours aussi diversifiés et travaillés. L’élocution et le flow du rappeur riment avec maîtrise, et l’artiste n’est jamais en difficulté avec ce genre de mélodies. Tout comme son précédent, Big Fish Theory est une vraie réussite et confirme le statut d’outsider permanent de Vince Staples qui mériterait une meilleure reconnaissance envers le grand public.

Effectivement, son talent et son inventivité à couper le souffle semblent être trop imposants pour être encastrés dans un petit environnement. Il faudrait donc gentiment penser à casser l’aquarium afin de placer le « Big Fish » dans son milieu naturel qui est sans aucun doute mieux adapté à sa taille et à ses capacités.

[Albums US’17] Les albums déjà présentés

20. Kodak Black – Project Baby 2

19. Big Sean – I Decided

18. CyHi The Prynce – No Dope On Sundays

17. 2 Chainz – Pretty Girls Like Trap Music

16. Young Thug – Beautiful Thugger Girls

15. Metro Boomin x 21 Savage x Offset – Without Warning

14. Meek Mill – Wins and Losses

13. Drake – More Life

12. IDK – IWASVERYBAD

11. Lil Uzi Vert – Luv Is Rage 2

10. XXXTENTACION – 17

9. GoldLink – At What Cost

8. Joey Bada$$ – All-AmeriKKKan Bada$$

7. Big K.R.I.T. – 4eva Is A Mighty Long Time

6. Tyler The Creator – Flower Boy

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :