[Albums US’17] #3 JAY-Z – 4:44

2017 était une année remplie de surprises, de déceptions, ou à l’inverse, de très bons projets. Étant donné que nous arrivons gentiment à la fin de cette cuvée 2017, Skrt! Mag te propose un classement des meilleurs opus US sortis ces douze derniers mois. Un album sera donc dévoilé quotidiennement par ordre décroissant jusqu’au 5 janvier, jour où le meilleur album US 2017, selon Skrt! Mag, sera annoncé. Sur la troisième marche du podium, l’éternel JAY-Z accompagné de son dernier opus 4:44.

4_44

S’il est et restera toujours un des favoris lors des discussions sur le meilleur rappeur de tout les temps, cela fait longtemps que Jay-Z ne nous avait pas pondu un véritable classique. En effet, son dernier album Magna Carta…Holy Grail était très hésitant, autant dans la production que dans la direction artistique, ce qui ne lui est pas commun. Toutefois, 2016 nous avait montré que Hov était encore bien affûté, en témoigne son couplet sur le culte I Got The Keys de DJ Khaled. 2017 marque donc le grand retour de Jay avec son 14e album solo, 4:44.

L’arrivée d’un album de JAY-Z est toujours un événement, et 4:44 n’a pas dérogé à la règle, au contraire. Dès l’annonce de sa sortie, les interrogations concernant le titre sont nombreuses et rajoutent une dose de suspens bienvenue autour d’un projet qui doit surprendre pour se différencier de derniers albums trop prévisibles.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la surprise fut totale. 

Composé de 13 titres, l’album est entièrement produit par le légendaire No I.D, reconnu pour son travail sur 808s & Heartbreak de Kanye West, Life is Good de Nas ou encore Resurrection de Common.  Un atout majeur car la production est ici un bel exemple de l’utilisation à bon escient et à grande échelle du sample, ceux-ci étant présents tout le long du projet. C’est d’ailleurs sur un sample de The Alan Parsons Project, Don’t Let It Show, que démarre l’album avec le très explicite Kill Jay-Z.

 

 

 

 

 

 

 

 

En pleine guerre avec son égo, Jay le détruit pour ses choix autrefois effectués, ses actions qu’il a regretté et les trahisons qu’il a subi. Un diss track envers lui-même mais également contre son ex-ami de longue date Kanye West, à qui il reproche toujours un fâcheux égoïsme, des critiques sur Beyoncé mais surtout un désaccord complet sur l’avenir de Tidal, sa plateforme de streaming. Musicalement, c’est un départ très réussi où l’artiste réussit à nous faire pleinement ressentir son amertume. Une introduction avant la véritable claque qu’est The Story of O.J.

 

 

 

 

 

 

À l’image de ce clip très bien réalisé, Hov a mis les petits plats dans les grands pour nous préparer cette ode à la communauté noire. Un sample du superbe Four Women de l’icône Nina Simone, des références claires à O.J. Simpson et un refrain très imagé sont autant de caractéristiques qui ont fait de The Story of O.J. le dernier classique de la carrière moderne de Jay-Z. Une performance épatante à l’aube d’une quatorzième sortie studio.

Le morceau suivant Smile est au départ de l’autre facette de l’album, qui voit la superstar se confier comme il ne l’a jamais fait auparavant. Si Smile est l’occasion de revenir sur l’homosexualité de sa mère et des épreuves qu’elle endura, Caught Their Eyes avec Frank Ocean s’intéresse à l’environnement du rappeur. Il est même question d’une conversation avec le légendaire Prince avant son décès, où Hov avait réussi à obtenir les droits exclusifs de l’interprète de Purple Rain pour sa plateforme Tidal. Ce n’est donc qu’à partir du cinquième titre, l’éponyme 4:44, que Jay-Z commence à se confier sur sa relation avec Beyoncé, qu’il a avoué tromper à de nombreuses reprises.

 

 

 

 

Assurément l’un des grands moments musicaux de l’année, cette excuse à sa compagne transpire la culpabilité et l’honnêteté, des sentiments renforcés par une production d’un No I.D qui livre encore une fois un chef d’oeuvre. Introspectif sans toutefois jamais trop en faire, le roi de Brooklyn offre déjà un deuxième classique à l’album. Et parce qu’après les excuses viennent le pardon, Beyoncé vient s’associer à son mari sur le magnifique Family Feud. En plus d’être une réponse cinglante à Lemonade de Queen B, le morceau est également un égotrip parfait et un appel crucial à la réunion des artistes old school et des nouvelles générations, qui se dénigrent trop souvent. Quant au pur aspect musical, le flow de Jay-Z paraît retrouvé, les vocales de Beyoncé donnent une autre dimension au morceau et le beat nous rentre dedans comme rarement cette année…

 

Y’all think small, I think Biggie

Si cet enchaînement constitue le cœur de l’album et la raison même de sa création, Jay continue de nous épater ensuite, notamment sur Bam avec Damian Marley. Un titre en hommage au sample utilisé, Bam Bam de Sister Nancy, et qui contient une belle alchimie entre les deux artistes, avec une mention spéciale à un Jay-Z vraiment impressionant.

Plus l’album continue, plus l’ensemble est cohérent, même si l’on pourra regretter un manque de créativité vers la fin de l’opus. Néanmoins, il n’y a aucun déchet à signaler et même ce qui aurait pu s’avérer être un plaisir de trop, Blue’s Freestyle/We Family, est sauvé par un sample parfaitement mis en valeur.

Au final, Jay-Z réussit l’essentiel avec 4:44 : se réinventer. Là où un certain Eminem a totalement échoué, il réussit en revenant à une approche basique, qui consiste à faire apprécier aux gens la forme des morceaux afin de pouvoir les inciter à s’intéresser au fond. Et si la production monumentale de l’album rend la forme si attirante, on se rend également compte qu’il est toujours aussi intéressant d’écouter ce que Hov veut nous dire.

Le retour de Jay-Z sur la scène mondiale est donc un succès total et le fait que 4:44 soit son quatorzième album platine en autant de sorties ne nous fera pas dire le contraire. Classique en puissance, 4:44 est sans conteste l’un de ses meilleurs albums, et ce après plus de vingt ans de carrière. 

En tout cas, si vos discussions sur le meilleur rappeur all-time reprennent de plus belle en 2018, 4:44 sera une nouvelle bonne raison de répondre Jay-Z.

L’album est disponible exclusivement sur Tidal et Apple Music, mais l’artiste a clippé de nombreux titres sur sa chaîne YouTube, ici.

[Albums US’17] Les albums déjà présentés

20. Kodak Black – Project Baby 2

19. Big Sean – I Decided

18. CyHi The Prynce – No Dope On Sundays

17. 2 Chainz – Pretty Girls Like Trap Music

16. Young Thug – Beautiful Thugger Girls

15. Metro Boomin x 21 Savage x Offset – Without Warning

14. Meek Mill – Wins and Losses

13. Drake – More Life

12. IDK – IWASVERYBAD

11. Lil Uzi Vert – Luv Is Rage 2

10. XXXTENTACION – 17

9. GoldLink – At What Cost

8. Joey Bada$$ – All-AmeriKKKan Bada$$

7. Big K.R.I.T. – 4eva Is A Mighty Long Time

6. Tyler The Creator – Flower Boy

5. Vince Staples – Big Fish Theory

4. Future – HNDRXX

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :