[DOUR2018] Loud: prem’s parolier

Qui va encore en festival pour le line-up proposé ? Personne, le stand de nouilles chinoises étant devenu l’attraction d’une soirée. Au sein d’une Europe dont les festivals font pleurer par leur programmation, il est un rendez-vous à ne pas manquer pour le mélomane aventureux qui sommeille en chacun de nous : Dour. Ce festival a su conserver son âme de défricheur, au travers de sa programmation toujours plus pointue, et s’impose depuis quelques années comme le renouveau de la scène européenne.
Après avoir épluché la programmation proposée par le festival, Skrt Mag a sélectionné 4 artistes – dont vous n’avez peut-être jamais entendu parlé – mais qui a eux seuls méritent la montée jusqu’en Belgique.

Si vous m’aviez dit, il y a quelques années, que le renouveau du rap francophone compterait ses héraults  outre-Atlantique, vous auriez sans aucun doute écoper d’un regard méprisant suivi d’un rire moqueur. Preuve de mon manque de clairvoyance dans ce rap de merde, c’est pourtant de Loud, artiste issu de Montréal, dont nous allons traiter aujourd’hui.

C’est à 14 ans que le rappeur rencontre son compère québécois Lary Kidd et qu’ensembles ils font leurs premières armes sur des instrus de Mobb Deep, une influence new-yorkaise qui le poursuivra durant toute sa carrière. En 2012, le collectif Loud Lary Ajust –LLA pour les intimes sort son premier album Gullywood, puis enchaîne les deux années suivantes avec GullyPluset Blue Volvo. La scène québecoise, menée par ces hyperactifs surdoués, commence alors son ébullition, encore accélérée lorsque les membres de LLA décident de se séparer pour continuer leur carrière solo. Depuis, Loud a soigneusement pris son élan, teasant quelques sons, avant de finalement se lancer et de sortir fin 2017 Une année record.

« On a pris le bouleau par l’écorce
Tu crois pas qu’on est les GOAT, on s’en bat les cornes
Rêveur américain but never make it rain
Si j’voulais lancer mon argent par les fenêtres, j’s’rais resté à l’école »

Loud, Nouveaux riches

Ce qui marque d’abord chez Loud, c’est sa plume atypique. Le gars a une oreille musicale et cela se sent ; bien plus que chercher le trait d’esprit, la punchline qui marquera un son, le rappeur s’emploie à chercher dans l’ensemble de son vocabulaire des rythmiques et des rimes atypiques. Son écriture fine et intelligente jongle avec facilité entre sujets graves et thèmes plus légers. Le rappeur a de l’ego, mais il n’a pas besoin de passer un projet à le prouver et peut ainsi aborder un vaste panel de sujets sur un album.

« Oh, tu voulais percer en France, hen?
Du coup, t’as largué ton accent
T’as truqué ta voix comme T-Pain
Né pour un p’tit pain, mort pour un croissant »

Loud, Devenir immortel (et puis mourir)

La voix est un instrument et Loud se trouve être l’un des meilleurs jazzmen de son temps. Il faut dire que le type a, à sa disposition, trois vocabulaires – et donc trois cultures – presque inépuisables. Rappant tour à tour en anglais ou en français, garnissant ses lignes d’expressions québecoises bien senties, le MC rassemble une pluralité d’identité sous ses étendards. Après avoir sursauté une première fois à une ligne en franglais, on réalise que Loud n’est pas une fausse diva R’n’B de Poitou-Charentes mais que sa multiculturalité est intra-veineuse. Montréal bat dans ses artères et Loud trépigne de nous faire sentir ce qui l’anime. Retrouvez Loud, le 13 juillet à Dour.

Bonus: Loud – Devenir immortel (et puis mourir)

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