DAYS BEFORE ASTROWORLD #3

Astroworld, le troisième album studio de Travis Scott, est à ranger dans la catégorie des projets susceptibles de marquer une époque et d’assurer une reconnaissance éternelle de leur interprète auprès du public. Néanmoins, à quoi reconnaît-on ces projets ? À une direction artistique supposée novatrice, un storytelling bien ficelé ou encore au tournant qu’ils représentent dans des carrières. Figurez-vous qu’Astroworld, c’est un petit peu de tout cela.

Au cours de cette série, nous reviendrons sur les accomplissements qui ont offert un tel statut à Travis Scott, sans oublier d’évoquer les inquiétudes récentes quant à sa motivation à faire d’Astroworld une œuvre hip-hop majeure de notre époque.

Episode 3 : Travis, ce drôle d’oiseau 

A l’aube de la rentrée 2016, et alors que sa place parmi les grands animateurs de la scène rap se dessine, la sortie de Birds in the Trap Sings McKnight est l’occasion pour lui de consolider son succès.

Si à l’image de Rodeo, on retrouve deux hits (« pick up the phone » et « goosebumps ») pour porter l’album, le corps du disque est bien différent.

Alors que Rodeo possédait une fibre narrative très importante qui le distinguait de la majorité des créations hip-hop de 2015, BITTSMK est un pur concentré d’énergie qui ne peut laisser aucun auditeur indifférent. Que ce soit grâce à sa science du drop sur « goosebumps » ou à son alchimie avec son idole Cudi sur « through the late night », son travail captivant ne nous accorde que très peu de repos. Et quand il en ressent le besoin, il réussit à varier les ambiances et à proposer une atmosphère planante sur « lose », « sdp interlude » et « first take ».

L’ensemble est donc très uni, même si quelques bijoux comme « outside » et « way back » sortent du lot. Dans le premier, la volontaire saturation du mastering couplée à la nonchalance de 21 Savage et la mélancolie de Travis donne au final un mélange absolument fascinant. Sur « way back », le sample de « Roc Boys » de Jay-Z amène de la puissance et une outro magnifiée par des synthés angéliques cloue un spectacle qui confirme ses talents à la production…

Un autre grand point fort de cet album est la présence de nombreux highlights qui incitent à réécouter vivement certains morceaux. Comment ne pas évoquer le couplet d’André 3000, qui arrive pour finir d’électriser « the ends » ? Comment ne pas se demander ce qu’a pris Quavo avant de lancer un « Birds in the Trap Sing Brian McKnight » qui donnera son nom au disque ? Comment ne pas être touché quand Travis reprend le début de « Day’N Nite » face à son idole Kid Cudi ?

Impossible, n’est-ce pas ?

En dehors du pur aspect musical, Travis Scott a également beaucoup travaillé sur l’aspect visuel de l’opus avec la création d’un court métrage de 15 minutes donnant vie à quelques morceaux. Une manière habile de lui donner plus de profondeur, au vu de la qualité du mini-film.

Un nouveau sans faute donc ? 

Non, BITTSMK comporte deux imperfections, plus ou moins grandes. Tout d’abord, la volonté d’évacuer tout type de narration pour ne pas copier la structure de Rodeo est tout à fait compréhensible mais il manque à l’album au moins un morceau introspectif comme « Pray 4 Love » pour ne serait-ce qu’approcher la qualité globale de son prédécesseur.

Enfin, si bien commencer un album est crucial, bien le finir l’est tout autant… Avec « wonderful », on ne peut pas dire que ce fut le cas, surtout vu le potentiel de l’association de Travis avec The Weeknd.

Malgré tout, Birds in The Trap Sing McKnight reste ce produit brut, réalisé très rapidement, ce qui lui accorde une spontanéité rafraîchissante grâce à l’éthique de travail d’un créateur qui continue de prouver son immense talent.

En récompense du bon travail accompli, BITTSMK devient le premier album de Travis Scott à être #1 au Billboard 200 et est certifié platine. Les critiques sont bonnes, « goosebumps » fait désormais partie des hymnes du turn-up et Travis Scott peut être confiant avant la supposée prochaine étape de son ascension, qu’il annonce dès le premier jour de l’année 2017.

Son nom ? Astroworld.

Pour découvrir comment s’est déroulée la promotion d’Astroworld et analyser ce que l’on peut légitimement en attendre, préparez-vous à l’épisode #4 de DAYS BEFORE ASTROWORLD, intitulé :

« Huncho Jack/Astroworld : malheur à l’effet papillon ! »

 

Épisodes précédents : 

Épisode 1

Épisode 2

 

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