La dose mensuelle de sale (Août 2018)

Avec l’avalanche de projets qu’on peut se prendre dans le rap international à l’ère d’internet, difficile de faire le tri entre les montagnes de titres. Dans cet article, on vous présente donc la crème des sorties du mois d’août, en 5 projets, qui ne sont pour ce mois que des sorties outre-atlantiques. Et oui, la francophonie est partie en vacances.

Hermit and the Recluse – Orpheus vs. the Sirens

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A la grande surprise générale, Orpheus vs. the Sirens s’installe comme une des meilleures galettes de ce mois alors que personne n’a vu arriver la sortie de l’opus. Composé du rappeur vétéran Ka et du producteur californien Animoss, le duo qui aime s’appeler Hermit and the Recluse a puisé dans les mythologies grecques lors de la réalisation de cette perle de projet. Ka nous raconte avec la plus grande délicatesse au monde, le périple d’Orphée à bord d’un navire en quête de la Toison d’or. Ce dernier est considéré comme le poète le plus talentueux dans l’antiquité grecque, et le rappeur s’amuse à dessiner des parallèles entre les mythologies grecques et son quotidien new-yorkais. Accompagnées d’une production sépulcrale et stridente presque vide de percussions, les rimes riches et incisives du rappeur de Brownsville caressent d’une extrême élégance les samples d’Animoss qui oscillent entre vibrations de guitare et tuyaux sonores d’orgues mythologiques. Doté d’une narration cathartique, l’artiste au flow chuchoté nous dépeint ses chroniques quotidiennes de Brownsville tout en arborant un style baroque. Une merveille.

Travi$ Scott – Astroworld

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Il était difficile de passer à côté du dernier LP de Travi$ en ce mois d’août. Précédé par une attente interminable et des teasings dignes de blockbuster hollywoodiens, Astroworld a enfin vu le jour cet été, pour le plus grand bonheur des auditeurs et au plus grand dam des artistes qui sortaient un projet cette semaine-là. Certes, les attentes étaient hautes, voire inatteignables lorsque l’on entend certains en parler, mais de notre côté, on s’est laissé transporté dans l’univers texan et plus particulièrement celui de Houston. On a adoré l’hommage rendu au regretté DJ Screw, la reprise de Goodie Mob ou encore l’ode acoustique dédiée au parc Yosémite (par contre ce dernier se trouve en Californie). D’une créativité débordante, Travi$ Scott invite une grande panoplie d’artistes et d’amis pour participer à ce qui pourrait presque être une cérémonie de réouverture du parc d’attraction Astroworld. Jonglant entre balades romantiques (Coffee Bean) à quelques sonorités martiennes (Astrothunder), l’album est une montagne russe émotionnelle. De notre part, nous nous sommes laissés emporter par cette atmosphère festive, mais aussi spatiale digne du centre de la NASA. Composé de morceaux très hétérogènes qui ne vont pas forcément ensemble, Astroworld est avant tout un parc d’attraction. N’est-ce pas là tout le but:  vous faire changer sans arrêt de sensation ?

Mac Miller – SWIMMING

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Il faut le dire, ce petit Mac Miller est à des années lumières de ce qu’il proposait lors de ces premières galettes, et c’est tant mieux. Comme un bon millésime viticole, la musique de l’artiste de Pittsburgh se bonifie au fil du temps, et c’est une fois de plus prouvé avec sa dernière galette SWIMMING. Mêlant sonorités funky, rythmiques house, accords acoustiques, le tout généralement agrémenté par quelques pêches de cuivre orgasmiques, l’instrumentalisation de l’album est un pur régal pour vos oreilles. De son côté, Mac Miller a dû faire face à une rupture douloureuse avec Ariana Grande tout en contrôlant ses addictions à l’alcool. La conséquence principale de ces problèmes personnels est SWIMMING, et on irait presque jusqu’à dire que l’artiste polyvalent est infaillible lorsqu’il se retrouve poussé dans ses derniers retranchements. Réalisé autour de ses conflits personnels, l’album est une œuvre introspective qui soulève plusieurs questions énigmatiques tout au long de l’écoute. Bercés par ses comptines hypnotisantes et par l’évolution progressive des mélodies tout au long de l’écoute, nous avons été complètement conquis par cette psychanalyse millerienne.

Koran Streets – Late 20s

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A l’instar de Ka, Koran Streets est complètement méconnu du grand public, mais possède une bible d’histoires prêtes à être entendues. C’est avec une grande empathie et compassion que les morceaux de l’originaire de Berkeley en Californie doivent être écoutés. En effet, la (misérable) vie du modeste rappeur a été semée d’embûches année après année. Comme la fois où il a été brûlé vif tout petit, mais aussi celle où il a dû être amputé de plusieurs doigts suite à un horrible accident. Désormais, comme l’indique le titre de l’album, il arrive gentiment au trente bougies et un sentiment d’urgence s’instaure dès l’introduction de la galette. Late 20s est une narration à la fois tragique et nostalgique de la vie du Californien qui lui permet de lutter à chaque mesures délivrées tout en laissant un sentiment de dépression et de cataclysme. Dans cette ambiance agonisante, l’honnêteté et l’intensité évoquée par le rappeur dans ses textes, n’est pas sans rappeler un certain Mozzy originaire lui aussi de la Californie. Les productions, elles, sont froides, pesantes laissant même planer un semblant d’odeur de peur. Par crainte d’échouer dans l’objectif d’offrir un logement décent à sa mère, le rappeur se réconforte en réalisant d’autres morceaux plus posés, dignes de ses origines qui s’agrémentent de rythmiques entraînantes de la Bay Area, tout en laissant flotter cette atmosphère mélancolique. Un mal de vivre évocateur qui fait de cet album l’un des plus compatissants du mois.

Trippie Redd – LIFE’S A TRIP

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Les chants stridents et les flows élastiques endiablés de Trippie Redd que l’on évoquait l’année passée se sont fait plus rares sur LIFE’S A TRIP, même si l’on retrouve des moments marquants qui subliment les aptitudes musicales du rappeur de l’Ohio. Propulsé par le hit endiablé Dark Night Dummo qui aura eu le mérite de faire froid dans le dos à plus d’un, le premier album officiel de Redd est, comme sa pochette, éclectique. Même si quelques productions sont à oublier, on est restés scotchés par l’énergique et surprenant Missing My Idols qui souligne une nouvelle fois l’habilité du rappeur à cracher des mesures avec une facilité déconcertante et sans complexes. De l’autre côté l’électrifiant Forever Ever ajoute une ambiance rock qui permet au duo Thug/Redd de rendre une copie parfaite. Pour finir, Redd s’essaie à des balades acoustiques notables sur la conclusion Underwater FlyZone. Vous l’avez compris, avec une volonté de toucher à tout, l’artiste se perd parfois lui-même dans son album, mais réalise tout de même des prestations diversifiées et efficaces qui font de la galette plus une playlist qu’un album.

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