La Dose mensuelle de sale (septembre 2018)

Avec l’avalanche de projets qu’on peut se prendre dans le rap international à l’ère d’internet, difficile de faire le tri entre les montagnes de titres. Dans cet article, on vous présente donc la crème des sorties du mois de septembre.

Hornet La Frappe – Dans Les Yeux

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Hornet la frappe rappe depuis longtemps mais c’est son incroyable mixtape Nous-mêmes qui lui a permis de passer un (voire plusieurs) palier l’année passée. Les hits Gramme 2 peuf ou Je pense à toi l’auront mis dans toutes les enceintes. En 2018, il revient avec ce qu’il présente comme son premier album : Dans Les Yeux. Premier constat : si le rap est un sport, alors Hornet a des stats de folies, une nouvelle fois, son efficacité est décoiffante, ses flows ne laissent jamais indifférent. De Taga, hit incontestable à Flash à la main son mélancolique par excellence, on ne reste pas sur sa faim. De là, l’efficacité n’est pas tout et certains aficionados de l’album concept pourrait trouver Dans Les Yeux pas suffisamment personnel ou élaboré. Néanmoins, derrière les punch à tout va, on trouve de vrais questionnements et une identité forgée entre dureté de la compétition de la rue et envie de se poser et de fonder une famille. Ainsi, malgré l’ombre de Nous-mêmes, Dans Les Yeux est un album qui devrait marquer 2018, où il faut également noter l’incroyable efficacité des featurings, Heuss l’enfoiré, Ninho et Lacrim sont exceptionnels. (Il nous faut un clip pour Rolls ! Plus qu’à trouver un modèle avec le ciel étoilé…).

6LACK – East Atlanta Love Letter

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On vous a parlé de 6LACK il y plus d’un an et demi, lors de la sortie de son premier projet qui a été un vrai coup de cœur. En ce mois de septembre, l’artiste d’Atlanta nous a dévoilé East Atlanta Love Letter. Une véritable lettre d’amour à sa dulcinée… où plutôt à sa ville qu’il chérit tant, lorsque l’on se penche sur ses textes. Doté d’une grande aptitude à alterner entre R’n’B et rap, le flow nonchalant de l’artiste se fond parfaitement avec les instrumentales à la fois délicates et munies d’une puissante émotion. De l’autre côté, ce qui fait la marque de fabrique de 6LACK, c’est ce spleen poétique capable de vous hypnotiser au quart de tour, comme l’atteste le mélancolique Let Her Go. Les invités sont aussi de taille dans ce projet car on y retrouve Offset, Khalid, J.Cole ou encore Future. Ce dernier se fond à merveille dans l’atmosphère de 6LACK qui permet au duo de réaliser une véritable ode à ATL dans le titre éponyme du projet. Ah oui, on a aussi adoré le clip de Nonchalant qui a été filmé en Islande, permettant ainsi à l’artiste de s’immerger encore plus dans son univers brumeux et glacial.

93 EMPIRE – 93 EMPIRE

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Lors de l’annonce de ce blockbuster titanesque réalisé par Fianso, notre esprit nourrit autant d’espoirs que d’inquiétudes. Véritable anthropomorphisme du titre éponyme de Kalash Criminel et Sofiane, cet album rassemble pas moins de 40 artistes de Seine-Saint-Denis, en une hymne épique au 93. Avant même d’être sorti, cet album était déjà un classique tant Sofiane, par sa qualité de rassembleur, a su unir des rappeurs ne partageant pas d’autres affinités que leur département d’origine. C’est ainsi que sur une même galette le Suprême NTM côtoie Sadek, Hornet la Frappe ou Dinos, pour ne citer qu’eux. L’exploit était tel qu’il ne pouvait donner lieu à un échec. Dans un second temps vinrent nos craintes, celles de voir ce projet se transformer en gigantesque fan-service bas-de-gamme. Ces craintes se révélèrent heureusement infondées dès la première écoute du skeud, tant chacun des rappeurs présents, quelque soit sa renommée, se donne corps et âme pour clamer son amour pour son 93. Malgré quelques titres passables (oui Dadju c’est de toi dont il est question), cet album réunit à merveille un ensemble de rappeurs à la variété délirante, le tout dans un ensemble homogène et cohérent. Il y en a pour tous les goûts, des couplet techniques de Rémy aux versets entêtants de Soolking, en passant par les turn-ups façon Vald, liés par cette volonté d’en découdre et d’imposer le règne du 93 EMPIRE. Comme mentionné ci-avant, cet album marque également un retour sérieux dans le game de Suprême NTM et de Kaaris qui semble avoir laissé de côté sa carrière de youtubeur humoriste pour revenir soulever des daronnes calmement. Aussi, malgré les quelques imperfections parsemant l’album, la détermination s’en dégageant est telle qu’on ne peut être que conquis par cette force inébranlable. Longue vie à l’empire.

Young Dolph – Role Model

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Véritable phénomène prenant de l’ampleur années après années, Young Dolph se mue gentiment mais sûrement en fer de lance de la cité de Memphis. L’artiste du Tennessee représente parfaitement cette boule de neige descendant tout droit depuis le sommet de la Smokey Mountain, et celle-ci s’agrandit de plus en plus. Il y a quelques années, presque personne ne misait un seul penny sur le rappeur lorsqu’il décida de se lancer en indépendant. Pourtant, son label Paper Route Entertainment, tient bon la route aujourd’hui et lui permet de vendre plus de 30’000 exemplaires en première semaine pour Role Model. Un album street, qui transpire la crasse tout en envoyant des coups de 808’s et de basses à tout va, dès le lancement d’un quelconque morceau. Vous l’aurez compris, Role Model est ce qui se fait de mieux actuellement en terme de Trap, mais le projet comporte aussi l’essence du rap de Memphis. A savoir, des sonorités angoissantes capables de transporter votre imagination dans un des pires films d’horreurs (Trap Baby, By Mistake). S’il continue sur cette belle série (le précédent opus Thinking Out Loud était aussi une belle réussite), il faudra bien avouer un jour que King Dolph est le nouveau King of Memphis.

Columbine – Adieu bientôt

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Prenant son courage à deux mains, la rédaction s’est décidée à assumer le toubab sommeillant en chacun de ses membres et à vous faire part aujourd’hui de sa sensibilité. Taxez-nous de ienclis si vous le souhaitez, nous vous ferons remarquer le cas échéant qu’aujourd’hui les strings s’humidifient plus rapidement à la vue de Nekfeu que du poto Riskaa. Toujours est-il que cet album, dirigé par Foda C et Lujipeka, a su, par sa véracité,  nous charmer. L’album fait participer l’ensemble des membres du crew, chacun y apportant son identité et sa patte. Décidé à suivre une ligne artistique nette et sans bavures, les Rennais ont fait appel à de nouveaux beatmakers tels le talentueux Seezy (qu’on reconnaîtra sans peine sur Adieu bientôt ou Cache-cache) ou Junior Alaprod (sur Borderline), pour des productions cloud soignées, valant à elle seule l’écoute de ce projet. Ce serait toutefois mésestimer l’album que de ne pas vanter ses idées. Comme si les clients de PNL partageaient la même lassitude, la teintant de reflets adolescents, le crew nous emmène sur les sentiers d’une amertume générationnelle. À une heure où le cloud rap demeure très peu représenté sur la scène hip-hop française, Columbine prend déjà la concurrence à contrepied et assume avec Adieu bientôt, un style bien éloigné de l’habituelle ode à la lean. Alors même si ça bibi du sale, écoutez cet album, même en scred s’il le faut, car malgré quelques longueurs, il témoigne d’une volonté de renouveau et de diversification dont peu d’artistes peuvent se vanter.

Lupe Fiasco – DROGAS Wave

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Après des années de combat contre son ancien label, Lupe Fiasco a sorti son premier projet non-estampillé Atlantic Records. Autant vous dire qu’au niveau artistique et mélodique, la différence se ressent clairement. Par contre, pour comptabiliser le maximum de streams, DROGAS Wave a la fâcheuse idée de comporter 24 morceaux… Bien trop long pour que ce projet figure dans la liste des meilleurs de l’année. Cependant, il comporte tout de même de jolies pépites qui nous permettent de ne pas le trouver trop ennuyant. L’atmosphère est positive et tout comme Tetsuo & Youth, la galette est remplie d’une grande richesse d’instruments apportant chacun son tour une belle variété de mélodies. Du côté technique, Lupe figure toujours au top des meilleurs paroliers du game, mais le contenu fantaisiste reste à désirer. En effet, en parallèle de quelques morceaux, ses textes narrent qu’un groupe d’esclaves maritimes s’occupent de couler les bateaux d’autres esclaves… Une histoire farfelue qu’il abandonne avant la fin de l’album. Hormis cette nouvelle envie de devenir auteur de fiction, qui va peut-être palier son passe-temps de samouraï, on est bien content de voir un Lupe (trop?) libre artistiquement. Mais bon, il nous a concocté de belles ogives tout de même avec le super enchaînement de Jonylah Forever/Kingdom par exemple, et ça nous suffit pour le moment.

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