Notre top projets rap francophone 2018 [2/2]

Sans plus de suspens: la deuxième partie de notre sélection des meilleurs projets rap francophones de cette belle année 2018.

SCH- JVLIVS

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SCH est certainement un des acteurs de la scène rap les plus talentueux de ces dernières années et il faut souligner également sa stabilité en 2018, notamment dans la qualité de l’écriture. JVLIVS sorti en fin d’année est une merveille qui ne ressemble à aucun de ses albums sortis précédemment, mais marque une nouvelle fois par son talent. Même s’il est difficile de le faire encore à l’ère des playlists et des écoutes sur Youtube, JVLIVS s’écoute comme un tout construit et jamais lassant. Il faut souligner bien sûr les magnifiques productions orchestrées par les talentueux membres du Katrina Squad qui excellent sur différentes ambiances. Même si le ton de l’album est au foncé, comme l’illustre son clip le plus visionné : Otto, on retrouve quelques titres qui mettent un peu de couleur nécessaire à un album équilibré : Tokarev et Skydweller. Tout le long du voyage qu’est l’album, SCH est presque toujours irréprochable, que ce soit dans les flows ou dans l’écriture personnelle et qui sait donner toute sa résonance à la vie de gangster qu’il fantasme. JVLIVS s’écoute et se réécoute et on redécouvre des très bons morceaux que l’on avait pas retenu. Et même si le feat avec Ninho a tendance à accaparer toute l’attention (pas le seul album à avoir ce problème cette année…) l’apparition de Le Code, un titre qu’on avait pas remarqué plus que les autres, se trouve en top des titres Spotify de SCH et montre à quel point l’album est complet.

Slimka – No Bad vol. 2

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Cette année fut aussi marquée par la sortie du deuxième projet du jeune prodige genevois. Succédant logiquement à No Bad Vol. 1, le deuxième opus s’inscrit dans la digne lignée de son prédécesseur.

Vous retrouverez ainsi dans le désordre: du tien-pu violent, de la séduction digne des plus grands Casanovas, du dandisme léché, du pilon, beaucoup de pilon, des ad-libs du meilleur goût et autres phases énigmatiques.

Slimka, avec qui nous avons eu la chance de nous entretenir, semble toutefois faire preuve d’une maturité grandissante tant vis-à-vis de sa musique que de sa carrière. Ainsi même s’il est conscient du succès de sa série de projets, le Genevois les voit comme autant de paliers, de niveaux à atteindre pour s’améliorer.

On remarquera ainsi le soin apporté à ce deuxième opus, mieux maîtrisé, moins sauvage (encore que…) et nettement plus propre. Slimka affirme ainsi sa posture de véritable rockstar, comparable dans l’attitude à un Travis Scott des grands jours.

Les Alchimistes – Antisocial

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Doit-on résumer Les Alchimistes par l’adjectif iconoclaste, qui semble leur coller à la peau tant ils aiment casser les codes ? En effet, le groupe brise des idées reçues quasi à chaque titre. Que ce soit en choquant tes grands-parents, en parlant de drogues dures et de sexe de manière décontractée et originale, ou en choquant les auditeurs non-avertis en affirmant que « le rap c’est pas de la musique, y a pas de quoi être fier. » Et une fois de plus, ils déconcerteront dans leur parlé cash quand ils diront « aujourd’hui j’appelle à l’aide » dans M’aider. Cette capacité à constamment étonner fait de leur projet une pépite où chaque titre compte sans jamais se ressembler. En témoigne la transition entre Hood et sa prod électronique intense et Bateau, qui nous emmène voyager sur un air de guitare. Les Alchimistes, c’est aussi sur ce projet hyper solide, une complémentarité puissante qui ne manque jamais de faire mouche, qu’importe le thème et l’instru. Leur caractère spé les empêche peut-être d’exploser vraiment, mais on peut être sûr que Les Alchimistes inspirent des carrières, et on espère qu’ils continueront la musique jusqu’à que celle-ci puisse passer un palier de popularité.

Freeze Corleone – Projet Blue Beam

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Ekip, ekip. C’est la fin de l’année 2018, qu’a attendu Freeze Corleone pour éclater au grand jour. Le rappeur naviguant surtout en sous-marin jouit depuis la sortie de Projet Blue Beam d’une notoriété nouvelle.

Tant le rappeur que son univers paranoïaque fascinent l’ensemble du public Rap FR actuel. Caractérisé par une imagerie mystique, le rappeur habitant à Dakar s’entoure de symboles occultes et d’ésotérisme, pour mieux étaler ses thèses complotistes. S’attribuant le rôle d’agent infiltré au sein des rouages des grandes institutions de ce monde, Freeze s’emploie à nous rapporter l’ensemble des complots dont nous sommes victimes.

Cet univers souterrain demeurerait toutefois bien lassant s’il n’était servi par des productions glaçantes et organiques (reptiliennes pourrait-on dire), sur lesquelles Chen Zen pose avec brio ses textes inimitables. Aux mauvaises langues (fourchues) reprochant à Freeze Corleone les comparaisons dont il use et abuse, nous opposerons que le rappeur ne sombre jamais dans la facilité au point qu’il arrive à nous surprendre en utilisant toujours la même figure de style. Chen Zen excelle à tel point dans cet art que, l’associant à ses obsessions reptiliennes, il a su en faire sa marque de fabrique et trouver une place laissée libre dans ce putain de rap game. Avec Projet Blue Beam, vous vous assurez plusieurs écoutes intenses, sa première déroutante tant ses sujets et ses formes sont denses, les suivantes jouissives de comprendre telle phase, de saisir tel trait d’esprit, d’appréhender enfin telle figure de style.

Alkpote – Inferno

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2018 fut aussi jalonnée des apparitions du rappeur préféré de ton rappeur préféré. Entre ses freestyles Skyrock, ses nombreux clips vidéos et ses chineries de sweats de luxe, l’aigle blanc de Carthage a réussi à caler la sortie de son dernier album Inferno. Bien que caractérisé par un succès commercial mitigé, marque de fabrique de tout bon projet d’Alkpote, l’album se démarque par sa qualité.

Le bien nommé Inferno regroupe ainsi ce qui se fait de mieux en terme de trap caniculaire et étouffante. Le flow légendaire d’Alkpote soumet ainsi sans peine les instrus les plus indomptables, mais sait aussi se faire d’autant plus imprévisible sur les prod’ moins complexes, empêchant ainsi l’album d’être redondant.

La plume de Jonathan H. – dont la qualité n’est plus à vanter – sait se faire tantôt intelligente, tantôt bête et méchante, le tout dans l’univers à la sexualité débridée cher à Alk’. On se surprendra ainsi souvent à rire aux punchlines du rappeur, tant ce dernier repousse les limites de la crasserie à chacune de ses rimes.

Sans sombrer dans la facilité, sans naviguer à vitesse de croisière, Alkpote nous livre ici un excellent album à écouter de toute urgence avant chaque soirée susceptible de déraper.

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